Mensonge identitaire canadien
Le mythe de 1908
Pour inventer de toutes pièces une « identité » commune pour DEUX groupes (les deux solitudes…) qui n’ont absolument rien en commun, il est nécessaire de compter sur des Fédéralleux québécois qui, en échange de leur À-plat-ventrisme, recevront des titres (Sir) ou des positions dans des institutions imposées par le conquérant pour falsifier l’histoire.
En 1908, trois Fédéralleux québécois seront mis à profit par les Britanniques d’Amérique du Nord, pour usurper les célébrations du tricentenaire de la fondation de Québec :
Sir Wilfrid Laurier
Premier ministre du Canada
1896-1911
Sir Jean-Georges Garneau
Maire de Québec, 1906-1910
1er Président de la
Commission des champs de bataille nationaux
1908-1939
Honoré Julien Jean-Baptiste Chouinard
Compagnon de l’ordre de St-Michel et St-Georges
Organisateur de 1908
COMPRENDRE L’HISTOIRE
Pour comprendre la profondeur abyssale de l’hypocrisie et du mensonge éhonté de 1908, il est nécessaire de bien comprendre les faits historiques à partir de 1791.
En effet, pendant plus de 100 ans, les britanniques d’Amérique du Nord ont ni plus ni moins CRACHÉ sur le nom « Canadien » avant de se l’approprier de façon audieuse et malveillante, avec la complicité de nos plus valeureux Fédéralleux!
CANADIENS vs BRITANNIQUES
1791-1841
(50 ans de confrontation)
Après la Conquête de 1759-1760, les 70 000 Canadiens (nom donné aux colons français qui étaient installés au Québec depuis 1608), dits de « souche », sont abandonnés par la France, et ainsi conquis par les britanniques qui prennent le contrôle de la colonie.
Le 26 décembre 1791, l’Acte Constitutionnel est adopté par le Parlement britannique et divise le territoire en deux (à la rivière des Outaouais) : le Haut-Canada (Ontario) et le Bas-Canada (Québec). Les 160 000 habitants d’origine française du Bas-Canada, ainsi que les 10 000-14 000 habitants d’origine britannique du Haut-Canada, en plus des quelque 30 000 habitants d’origine britannique établis au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, constituent la population totale
***En 1791, les Canadiens (Québécois) représentent 79% de la population de l’empire britannique d’Amérique du Nord, incluant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick***
De 1792 (premières élections) jusqu’aux conflits des années 1830 (Papineau et le Parti Patriote au Bas-Canada, et William Lyon Mackenzie, 1er maire de Toronto qui mène lui aussi une rébellion ratée au Haut-Canada en 1837), les tensions entre Britanniques et Canadiens sont profondes et irréconciliables, puisque ce sont deux groupes d’origines totalement différentes, aux intérêts économiques totalement différents, et aux mœurs (Catholiques vs Protestants) totalement différentes.
***Les Canadiens (Québécois) sont réunis dans le Parti Canadien…!!!!, Et leur journal, fondé en 1806,
s’appelle Le Canadien…!!!!***
Les 50 premières années de l’Empire britannique d’Amérique du Nord sont donc marquées par une confrontation nationale entre deux groupes : les Canadiens du Québec et les Britanniques des Maritimes et de l’Ontario.
LA PIRE INSULTE
***La pire insulte qu’on peut faire à un britannique lors de cette période serait de le traiter de « Canadian », qui selon ces mêmes britanniques, est une race inférieure qu’il faut assimiler à la pseudo-nation britannique d’Amérique du Nord***
1834
IDENTITÉ CANADIENNE
(Québécoise)
En 1834, après des décennies de confrontation entre les deux groupes nationaux du Bas et du Haut Canada, le Parti Patriote (le Parti Canadien est devenu le Parti Patriote en 1826, sous le leadership de Louis-Joseph Papineau), un parti résolument laïque, promulgue ses 92 Résolutions, en opposition au Conseil Éxécutif, où les membres sont nommés par Londres, et qui possède un droit de veto sur les décisions de l’assemblée législative, dont les membres sont élus par le peuple.
Aux élections de décembre, le Parti Patriote obtient 77 des 88 sièges à l’Assemblée, 483 739 voix contre 28 278 pour les opposants constitutionnels! Le peuple est derrière les Patriotes!
Ces 92 Résolutions seront rejetées par Londres et mèneront aux conflits armés de 1837-1838, puis à l’infâme « Rapport Durham » de 1839, où il est proposé d’assimiler les Canadiens (qui, selon lui, sont un peuple « sans histoire et sans littérature »), puis à l’Acte d’Union de 1841.
L’Acte d’Union de 1841 a fusionné les dettes du Haut-Canada (1,2 millions de livres) avec celle du Bas-Canada (95 000 livres).
Cette « Union » imposée a donc forcée le Bas-Canada à assumer la dette du Haut-Canada!
SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE
« Aide-toi et le ciel t’aidera »
1834-1843
C’est dans ce contexte de confrontation nationale que le 8 mars 1834, le directeur du journal patriote canadien La Minerve, Ludger Duvernay, fonde une société d’entraide (fortement inspirée du mouvement républicain français révolutionnaire de 1830) et lui donne le nom de « Aide-toi et le ciel t’aidera », inspirée d’une semblable organisation républicaine qui existait en France depuis 1827. Son but avoué est de doter le peuple canadien d’une fête nationale annuelle.
Aussi, en 1842, la « Société St-Jean-Baptiste » de Québec voit le jour, sous le leadership de Pierre-Martial Bardy, qui en devient son premier président.
La société d’entraide fondée en 1834 par Duvernay deviendra officiellement « L’Association St-Jean-Baptiste » en 1843, et ensuite « La Société St-Jean-Baptiste » en 1912.
« Cette fête, dont le but est de cimenter l’union entre les Canadiens, ne sera point sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme Fête Nationale, et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats. »
-Ludger Duvernay, La Minerve, 26 juin 1834
C’est le 24 juin 1834 que, pour la première fois de notre histoire, les célébrations de la St-Jean-Baptiste (Saint-Patron des Canadiens) ET les aspirations politiques de la nation canadienne (québécoise) sont réunis lors du tout premier banquet organisé par ce même Ludger Duvernay dans les jardins de John McDonnell à Montréal (aujourd’hui la gare Windsor), avec des invités tels que Louis-Hippolyte Lafontaine, futur premier ministre du Québec (Canada-Est, 1842-43/1848-51) et George-Étienne Cartier, lui aussi futur premier ministre du Québec (d’abord membre des « Fils de la Liberté » qui jouèrent un rôle important dans les révoltes de 1837-38, et ensuite Premier ministre du Canada-Est, 1857-1862), qui interprétera même un chant, « Ô Canada! Mon pays, mes amours! », qu’il avait lui-même écrit.
***Ainsi, la célébration de la St-Jean-Baptiste le 24 juin 1834 est à la fois un geste fondateur de la nation canadienne (fête nationale), mais aussi un geste politique face à l’opposition constante des Britanniques d’Amérique du Nord.***
1836
LA FEUILLE D’ÉRABLE
SYMBOLE CANADIEN (QUÉBÉCOIS)
C’est à l’occasion du 3ème banquet du 24 juin 1836 que pour la première fois, l’érable est clairement identifié comme LE symbole de la nation canadienne (québécoise).
En 2025, le Québec a produit 225 millions de livres de sirop d’érable!
72% de tout le sirop d’érable mondial
est produit au Québec
90% de tout le sirop d’érable du Wokistan
est produit au Québec
CANADIENS vs BRITANNIQUES
1841-1891
Du Rapport Durham à Honoré Mercier
La gestion des révoltes de 1837-1838 par l’empire britannique, avec le Rapport Durham, et en imposant l’Acte d’Union, entraînera un élan national pour les Canadiens (Québécois). En effet, les années 1840 verront la création de plusieurs repères identitaires canadiens (québécois). À partir des années 1840, malgré les tentatives de rapprochement, ces années marquent le début réel de la confrontation nationale qui déterminera l’histoire de notre nation pour les 200 prochaines années!
1841
En 1841, soit 50 ans après l’Acte constitutionnel de 1791, la population du Bas-Canada est d’un peu plus de 600 000 habitants, tandis qu’au Haut-Canada, où l’immigration britannique massive depuis 1815
(+300 000 en 25 ans) a radicalement augmentée, la population totale se situe aux environs de 455 000 habitants dans ce qui deviendra l’Ontario.
Pour ce qui est de la Nouvelle-Écosse (210 000 habitants en 1841) et le Nouveau-Brunswick (156 000), elles ont aussi toutes les deux connues des augmentations démographiques importantes dues à une immigration britannique massive.
En 1841, les Canadiens (québécois) représentent 57% du Québec et de l’Ontario (l’Acte d’Union), excluant le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse
1842
« NOS INSTITUTIONS, NOTRE LANGUE, ET NOS LOIS »
À partir de 1842, lors de toutes les célébrations du 24 juin (la fête nationale des Canadiens), cette phrase apparaît sur des banderoles, tout comme la feuille d’érable (à la boutonnière des participants) et le castor (sur un ruban tricolore rouge, vert et blanc – les couleurs du drapeau des Patriotes de 1837-38).
Aussi, en 1842, la « Société St-Jean-Baptiste » de Québec voit le jour, sous le leadership de Pierre-Martial Bardy.
1842
« UN CANADIEN ERRANT »
C’est 1842 qu’Antoine Gérin-Lajoie écrit cette célèbre chanson pour souligner la détresse des Patriotes exilés depuis 1837. Elle fût publiée en 1844 dans Le Charivari Canadien, une publication satirique et politique.
1843
« RENDRE LE PEUPLE MEILLEUR »
Suite aux conflits de 1837-1838, Ludger Duvernay avait été forcé de fuir aux États-Unis. Il revient d’exil et c’est le 9 juin 1843 qu’il transforme la Fondation « Aide-toi et le ciel t’aidera » en « L’Association St-Jean-Baptiste ». La devise « Rendre le peuple meilleur » devient la devise officielle de la nouvelle association nationaliste canadienne (québécoise).
1843
PREMIER DÉFILÉ DE LA ST-JEAN-BAPTISTE
C’est à Montréal, le 24 juin 1843, qu’a eu lieu le tout premier défilé de la St-Jean-Baptiste. Cette tradition annuelle s’étendra rapidement non seulement à travers le Québec, mais aussi au Manitoba et aux États-Unis (Vermont et Nouvelle-Angleterre).
25 avril 1849
INCENDIE DU PARLEMENT À MONTRÉAL
En réponse à la loi qui indemnisait les habitants du Bas-Canada qui avait subi des pertes matérielles lors des rébellions de 1837-38, les émeutiers, encouragés par les journaux anglophones Le Mercury et The Gazette, brûlent le Parlement alors situé à Montréal.
The Gazette publie même une édition spéciale l’après-midi du 25 avril 1849, un appel clair au soulèvement racial, où les anglos-saxons sont appelés à se révolter.
« Anglo-Saxons…votre sang et votre race sont désormais votre loi suprême…Vous serez anglais, dussiez-vous n’être plus Britanniques…la foule doit s’assembler sur la Place d’Armes, ce soir. À huit heures. AU COMBAT, C’EST LE MOMENT!! »
Quand on constate que des journaux anglo-saxons incitent au soulèvement racial à cause d’une loi votée démocratiquement, personne n’est surpris de voir qu’en 1995, ce même groupe n’a jamais hésité une seule seconde à bafouer ses propres lois lors d’un référendum sur l’indépendance du Québec.
Ce scénario se reproduira encore lors du prochain référendum…!
ENCORE LA PIRE INSULTE !!!
Encore une fois, en 1849, La pire insulte qu’on peut faire à un britannique serait de le traiter de « Canadian », qui selon ces mêmes britanniques, est une race inférieure qu’il faut assimiler à la pseudo-nation britannique d’Amérique du Nord
1851-52
RECENSEMENT
CANADIENS MINORITAIRES
Pour la première fois depuis 1791, les Canadiens sont en minorités. En effet, les résultats du recensement de 1851-52 montre que le Québec actuel, le Canada-Est, compte 890 261 habitants, tandis que l’Ontario d’aujourd’hui, le Canada-Ouest, compte 952 000 habitants.
***En 1851-52, les Canadiens (Québécois) représentent 48% de la population de l’empire britannique d’Amérique du Nord, excluant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick***
1854
Essor économique et fin du régime seigneurial
C’est le 5 juin 1854 qu’est signé l’accord de libre-échange avec les États-Unis, accord appelé « Traité de Réciprocité » (1854-1866), qui donnera un solide coup de pouce au développement économique du Canada-Uni.
Ce traité marque un changement économique majeur puisqu’il vient transformer le lien économique colonial qui existait depuis 1791 avec la Grande Bretagne.
C’est aussi en 1854 que le régime seigneurial est abandonné. Ce système de distribution des terres et d’organisation sociale importé de France était en place depuis 1627 au Québec.
1855
1ère de la TRADITION du « PETIT ST-JEAN BAPTISTE »
C’est en1855 que pour la toute première fois, un « Petit St-Jean-Baptiste » (un jeune garçon blond frisé et vêtu d’une peau de mouton) est inclut lors du défilé de la St-Jean-Baptiste à Montréal pour représenter le St-Patron des Canadiens-Français.
C’est sur une photo d’Alfred Chalifoux (Daguerréotype) que l’on voit un certain garçon nommé M. Loiselle, jouant le rôle du Petit St-Jean Baptiste. Cette tradition est liée à la visite du navire militaire français « La Capricieuse » la même année, et se poursuivra pendant plus d’un siècle jusque dans les années 1960.
1858
FEUILLE D’ÉRABLE SUR LES PIÈCES DE 1¢
PREMIÈRE ÉTAPE DU MENSONGE IDENTITAIRE CANADIEN
C’est en 1858 que pour la première fois, la feuille d’érable se retrouve sur une pièce de monnaie en Amérique du Nord. Cette appropriation culturelle va se poursuivre jusqu’en 1908, année de création du mythe identitaire canadien. En effet, entre 1876 et 1901, la feuille d’érable sera ajoutée sur toutes les pièces de monnaie du Canada.
1864-1867
Conférence de Charlottetown (septembre 1864)
Conférence de Québec (octobre 1864)
Conférence de Londres (décembre 1866)
Dominion du Canada (1er juillet 1867)
C’est à la suite de ces 3 conférences que naît le Dominion du Canada, le 1er juillet 1867, avec la signature de L’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, qui unit le Canada-Uni (Ontario et Québec), le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
CANADIEN
Le nom « Canadien » est toujours associé, à cette époque, aux descendants francophones du Québec. Pour les Britanniques d’Amérique du Nord, ce terme est encore un repoussoir majeur, et ce ne sera pas avant le début du XXème siècle que le mensonge identitaire sera officiellement créé. Ainsi, entre 1867 et 1891, les Canadiens (Québécois) continueront à construire leur identité, en opposition à l’identité britannique du reste du nouveau pays. Nous deviendrons des Canadiens-français. En effet, c’est pendant les années 1870 et 1880 que plusieurs avancées nationales canadiennes verront le jour.
ENCORE LA PIRE INSULTE…
Malgré la création du Canada en 1867, et ce jusqu’au début du XXème siècle, la pire insulte qu’on peut encore
faire à un britannique d’Amérique du Nord
serait de le traiter de « Canadian »
1867
« Maple Leaf Forever »
DEUXIÈME ÉTAPE DU MENSONGE IDENTITAIRE CANADIEN
C’est en 1867 que la chanson « Maple Leaf Forever » est composée par Alexander Muir. Fortement pro-britannique, cette chanson devint très populaire dans l’Amérique britannique, mais ne fut JAMAIS adoptée par le Canada réel, le Québec. Les paroles tentent d’unir les termes « Canadien » et « britannique » de façon totalement éhontée, en plus de littéralement tenter de VOLER la feuille d’érable, symbole des canadiens (québécois) depuis 1836 :
In Days of Yore, from Britain’s shore
Wolfe, the dauntless hero, came
And planted firm Britannia’s flag
On Canada’s fair domain
Il faudra attendre le passage de 2-3 générations (jusqu’au début du XXème siècle) avant que le Canada britannique commence à endoctriner les leurs à croire au mythe identitaire du Canada!
1868
TROISIÈME ÉTAPE DU MENSONGE IDENTITAIRE CANADIEN
La feuille d’érable est utilisée par la Reine Victoria lorsqu’elle concède les écus des armoiries au Québec et à l’Ontario.
1870
QUATRIÈME ÉTAPE DU MENSONGE IDENTITAIRE CANADIEN
Le drapeau du gouverneur général est adopté, avec un lion doré couronné qui tient une feuille d’érable rouge.
1874
40ème ANNIVERSAIRE DE LA ST-JEAN-BAPTISTE
« Convention Nationale des Canadiens-Français »
On organise un défilé grandiose pour célébrer le 40ème anniversaire de la St-Jean-Baptiste à Montréal. Ainsi, le 24 juin 1874, 91 sociétés, 12 chars allégoriques, 31 corps de musique et 10 000 figurants prennent part au plus grand défilé de notre histoire à ce moment.
Plus de 60 000 visiteurs sont venus des États-Unis (la moitié sont des franco-américains) pour se joindre à ce grand événement, où un hymne intitulé « Rallions-Nous » fut composé par Charles-Marie Panneton, sur des paroles de Benjamin Sulte.
1880
Ô Canada
Chant patriotique canadien-français
« 2ème Convention Nationale des Canadiens-Français »
C’est lors de la célébration de la St-Jean-Baptiste à Québec, le 24 juin 1880, que pour la toute première fois, sera joué le « Ô Canada », hymne composé pour l’événement (sous commande du Lieutenant-Gouverneur du Québec, Théodore Robitaille), par Calixa Lavallé, sur des paroles de Sir Adolphe-Basile Routhier. Les paroles indiquent clairement que le
« Ô Canada » était sans aucun doute un chant patriotique du Canada-français :
Sous l’œil de dieu, près du fleuve géant
Le Canadien grandit en espérant
Il est né d’une race fière
Béni fut son berceau
Dans ce couplet (le 2ème), Routhier fait référence au Fleuve St-Laurent, là où la nation québécoise a fait son nid depuis 1608.
Amour sacré du trône et de l’autel
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel
Parmi les races étrangères
Notre guide est la loi
Dans ce couplet (le 4ème et dernier), Routhier fait référence au Trône et à l’autel, deux références issues de la tradition théologique catholique.
À cette époque, la religion catholique était clairement identifiée aux Francophones d’Amérique du Nord, tandis que la tradition protestante était clairement identifiée aux Britanniques d’Amérique du Nord (même s’il y avait des catholiques britanniques également).
1884
50ème anniversaire de la St-Jean-Baptiste
Les célébrations du 50ème anniversaire de la création de la fête de la St-Jean-Baptiste sont légendaires. Les célébrations sont extraordinaires et s’étalent sur 5 jours. Des médailles commémoratives avaient été créées à Paris par la prestigieuse maison Arthus-Bertrand. Ces médailles en bronze et en argent arboraient le buste de Ludger Duvernay (fondateur de l’Association St-Jean-Baptiste en 1834) d’un côté, et de l’autre les armoiries de l’Association accompagnées de la devise « Association de St. Jean. Baptiste de Montréal, 50e anniversaire, 1884 ».
Les célébrations du 50ème coïncident également avec l’ouverture de l’Église St-Jean-Baptiste à Québec, le 27 juillet 1884, qui avait été construite sur les fondations de la précédente Église St-Jean-Baptiste, qui avait été détruite par un incendie le 7 juin 1881.
1885-1896
LE MENSONGE PREND UNE PAUSE
La pendaison de Louis Riel, 1885
Le Parti National avec Honoré Mercier, 1887-1891
Lois sur les langues officielles, Manitoba, 1890
Wilfrid Laurier et les libéraux au pouvoir, 1896
Suite aux tensions créées par l’exécution de Louis Riel au Manitoba le 16 novembre 1885, Honoré Mercier forme le Parti National et prend le pouvoir à Québec de janvier 1887 à décembre 1891. Il est le premier à parler de l’autonomie provinciale et de l’indépendance du Québec.
Les tensions entre les Canadiens-Français et les Britanniques d’Amérique du Nord sont amplifiées par les lois linguistiques anti-francophones au Manitoba (31 mars 1890 - la Nouvelle-Écosse avait passé le même genre de loi en 1864, tout comme l’Île du Prince Édouard en 1877, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique en 1871, et comme le feront plus tard l’Alberta (1905), l’Ontario (1912) et la Saskatchewan (1918 et 1930)), ce qui fait en sorte que le mot « Canadian » redevient temporairement un repoussoir pour les Britanniques d’Amérique du Nord.
Ces tensions s’amenuisent grandement suite à l’élection du premier Premier Ministre francophone, Wilfrid Laurier, avec le parti Libéral, le 23 juin 1896, où les Libéraux remportent 49 sièges sur 65 au Québec. Les Libéraux sont élus avec la promesse de rectifier la situation des écoles francophones au Manitoba.
En novembre 1896, le « compromis Laurier-Greenway » est jugé insatisfaisant par les francophones du Manitoba et du Québec.
Les Canadiens-Français se sentent trahis…par un des leurs…cette situation se répétera malheureusement quelques années plus tard lors de la création de l’Alberta et de la Saskatchewan en 1905, où encore une fois, Laurier échouera à convaincre ces provinces d’inclure le français.
Sir WILFRID LAURIER
Premier Ministre du Canada
1896-1911
En 1896, avec le Québécois-francophone Wilfrid Laurier comme Premier Ministre du Canada, les Britanniques d’Amérique du Nord découvrent l’avantage d’avoir un Québécois-francophone comme PM : pour conserver son poste, ce Québécois doit démontrer qu’il est capable de « mettre son peuple à sa place » dans le pays britannique et anglophone, peu importe la situation.
Ainsi, Wilfrid Laurier deviendra le premier d’une longue liste de politiciens Québécois-francophones au service de la Couronne qui vont tout faire pour réduire au silence les Québécois simplement pour conserver leurs positions et leurs titres au Canada britannique!
Le 22 juin 1897, lors du jubilé de Diamant de la reine Victoria, Laurier est nommé « SIR » et il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel et de St-Georges. Premier Canadien-Français nommé à ce titre, l’Empire Britannique sait récompenser ses subalternes provenant de nations conquises, pour s’assurer leur allégeance et leur asservissement, ainsi que l’asservissement de leurs peuples!
1899-1902
GUERRE des BOERS
AFRIQUE du SUD
Le 11 octobre 1899, la Grande-Bretagne entre en guerre contre les Boers, dans ce qui deviendra en 1910 un nouveau dominion : l’Union de l’Afrique du Sud. Les « Boers », également appelés « Afrikaners », sont les descendants des premiers colons européens (principalement des Néerlandais, des Allemands et des Français) installés en Afrique du sud depuis le XVIIème siècle.
Au fil des années, les Boers ont fondé deux républiques indépendantes dans le nord de l’Afrique du Sud : le Transvaal et l’État libre d’Orange.
La Seconde Guerre des Boers (1899-1902) éclate lorsque l'Empire britannique tente d'annexer leurs républiques. Cette guerre est principalement motivée par la convoitise des immenses gisements d'or et de diamants récemment découverts sur leurs terres.
CONFLIT NATIONAL
Comme ce fut le cas lors des deux guerres mondiales au XXème siècle, le Canada est divisé en deux groupes : les Britanniques qui réclament une participation active pour soutenir la Grande-Bretagne, et le Canada-Français, mené par le nationaliste Henri Bourassa, qui considéraient que cette guerre coloniale ne concernait pas le Canada et s’opposaient à toute implication militaire.
En réaction à ces tensions, le Premier Ministre Wilfrid Laurier a opté pour une politique de compromis qui a profondément divisé le pays : il a autorisé l’envoi et le financement partiel d’un contingent de 1000 soldats, sans pour autant instaurer la conscription, comme ce fut le cas en 1917 (1ère Guerre Mondiale) et en 1944 (2ème Guerre Mondiale).
En réaction à cette décision de Laurier, Henri Bourassa, alors député fédéral libéral de Labelle, claque la porte et démissionne de son poste de député le 18 octobre 1899 (il sera réélu dans une partielle et il siègera au Parlement fédéral jusqu’en 1907).
CINQUIÈME ÉTAPE DU MENSONGE IDENTITAIRE CANADIEN
LA FEUILLE D’ÉRABLE SUR LES UNIFORMES MILITAIRES CANADIENS
Pour la première fois lors d’un conflit international, les soldats volontaires canadiens arborent la feuille d’érable sur leurs casques.
Le vol du symbole Canadien-français depuis 1834 s’articule petit à petit, lentement mais surement.
1905
CRÉATION DE L’ALBERTA ET LA SASKATCHEWAN
WILFRID LAURIER S’AGENOUILLE DEVANT LES BRITANNIQUES D’AMÉRIQUE DU NORD
Pendant que les Britanniques d’Amérique du Nord procèdent méthodiquement et sournoisement au vol de notre identité, Wilfrid Laurier capitule totalement et refuse d’imposer des garanties constitutionnelles pour les écoles catholiques et l’enseignement du français pour les deux nouvelles provinces.
Encore une fois, dans le but de conserver son poste, un élu Canadien-Français au service des Britanniques d’Amérique du Nord, se doit de s’à-plat-ventrir devant les pressions de ses ministres anglophones.
« S’À-PLAT-VENTRIR »
Adopter une attitude extrêmement soumise ou servile devant quelqu'un (une personne, une institution, un gouvernement) dans le but d'en tirer profit ou d'éviter un conflit.
1908
INVENTION DU MYTHE IDENTITAIRE CANADIEN
300ÈME ANNIVERSAIRE de la FONDATION de QUÉBEC
TRADUCTION ANGLAISE du « Ô CANADA »
FEUILLE D’ÉRABLE aux OLYMPIQUES de LONDRES
Après 41 ans d’intolérance face au français depuis 1867 (et ça se poursuivra en Ontario avec le Règlement 17 en 1912, et en Saskatchewan avec les lois anti-francophones de 1918 et de 1930), les Britanniques d’Amérique du Nord profitent du 300ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec pour ré-écrire l’histoire.
Un peuple qui n’a pas d’identité se voit confronter à deux choix possibles : inventer un mythe OU voler l’identité d’une autre nation!
Les Britanniques d’Amérique du Nord ont fait les deux!
1909 ?
Dès le départ, Wilfrid Laurier est d’avis que les célébrations devraient se tenir en 1909, au lieu de 1908.
Notre Fédéralleux en chef aimerait que les célébrations coïncident avec le 150ème anniversaire de la Conquête britannique, plutôt qu’avec le 300ème anniversaire de la Fondation de Québec par Samuel de Champlain. Qui en sera surpris…?
Le prétexte choisi est le fait que le Pont de Québec était supposé être inauguré en 1909, mais son effondrement (1er de deux, l’autre en 1917) le 29 août 1907 (qui cause la mort de 76 personnes), force les organisateurs à revoir l’horaire. Ce sera le 10 janvier 1908 que la décision sera prise par Wilfrid Laurier, et le 17 mars 1908, que la « Commission des Champs de Bataille de Québec », un organisme géré par le fédéral, sera créé.
300ème ANNIVERSAIRE de QUÉBEC
Le 300ème anniversaire de la fondation de Québec aurait
dû être une grande célébration du Canada français.
Au contraire, on en profite pour « célébrer » de façon honteuse la Conquête de 1759 sur les Plaines d’Abraham comme étant un événement fondateur de la pseudo « Nationalité Canadienne ».
Malheureusement, cette célébration a été « highjackée » par les Fédéralleux (un peu comme la célébration de la St-Jean-Baptiste depuis le référendum de 1995), principalement Honoré Julien Jean-Baptiste Chouinard, député fédéral de Dorchester de 1888 à 1891, et qui fut surtout greffier de la ville de Québec de 1890 à 1927 (il avait aussi été échevin dans le quartier St-Louis de la ville de Québec de 1880 à 1889). Le 13 janvier 1908, il fut nommé secrétaire du comité organisateur des festivités.
Avec Chouinard, un autre Fédéralleux, le Maire de Québec (1906-1910), Sir Jean-Georges Garneau, jouera lui aussi un rôle primordial dans le mensonge identitaire canadien.
Comme Laurier, il sera fait « Sir » lors des célébrations du tricentenaire, et il sera nommé Président de la nouvelle Commission des Champs de Bataille de Québec, poste qu’il occupera jusqu’en 1939. Un autre Canadien-Français qui sera glorifié (titre et fonction) par l’Empire Britannique pour sa loyauté et son asservissement!
Sur le site officiel des Plaines d’Abraham, dans la section consacrée aux célébrations honteuses de 1908 :
« Garneau met alors sur pied un comité du tricentenaire dont il sera président.
On étudie aussi l’opportunité de créer un grand parc en haute-ville, sur les plaines d’Abraham, pour commémorer les affrontements ayant eu lieu 150 ans auparavant. Bien que cette idée refroidisse l’enthousiasme de certains francophones envers le projet, les démarches continuent. »
FORTE OPPOSITION NATIONALISTE
Les événements de 1908 ont suscité une vive opposition des nationalistes canadiens-français. Les fêtes visaient à transformer les plaines d'Abraham en un parc historique. Les nationalistes, menés par Henri Bourassa et la Ligue nationaliste canadienne, s'insurgeaient contre le fait de célébrer la défaite de la Nouvelle-France en 1759 comme le véritable acte de fondation du Canada.
SOUMISSION À L’EMPIRE BRITANNIQUE
Les festivités mettaient de l'avant le caractère impérial et britannique du Canada, notamment par d'immenses revues militaires et la présence du prince de Galles (futur roi George V). Pour les francophones, cela glorifiait la domination britannique et l'impérialisme.
TRADUCTION ANGLAISE
« Ô CANADA »
Ce fut également en 1908 que les britanniques d’Amérique du Nord se sont aussi approprié culturellement le chant patriotique Canadien-Français de 1880, « Ô Canada »!
Plusieurs versions anglaises furent proposées, mais ce fut finalement le texte de Robert Stanley Weir qui fut retenu.
Par cette traduction (2ème et 3ème couplets de la version anglaise), on en profite également pour articuler un autre mythe, celui du « Canada d’un océan à l’autre » (en Latin, « Ad Mare Usque Ad Mare »), qui fut officialisé en 1921 :
« From East to Western Sea, Our Own Beloved Native Land”
Le “Ô Canada”, composé en 1880 pour la fête nationale du Canada-Français, devient à partir de 1908, un autre symbole québécois VOLÉ par les britanniques d’Amérique du Nord!
Utilisé à partir de 1939 comme hymne non-officiel, c’est en 1980 que « Ô Canada » devient officiellement l’hymne « national » du Canada!
LA FEUILLE D’ÉRABLE
aux OLYMPIQUES de LONDRES
L’acte final du mythe identitaire de 1908 provient quand la feuille d’érable, symbole des Canadiens-Français depuis 1836, se retrouve pour la première fois sur les uniformes des athlètes canadiens.
Les Olympiques de 1904 furent les premiers où le Canada participait en tant qu’équipe officielle (en 1900, quelques athlètes canadiens avaient participé aux Jeux de façon individuelle), mais les athlètes portaient les couleurs de leurs clubs athlétiques respectifs. En 1904, Étienne Desmarteau avait remporté la médaille d’or au lancer du marteau.